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L'association "Pour un Ordre National des Avocats" est née



La profession d'avocats souffre d'un éclatement de sa représentation. Conseil National de Barreaux (CNB), Barreau de Paris, Conférence des Bâtonniers : avec trois organisations concurrentes, il y en a deux de trop. Le CNB n'ayant pas la capacité de s'imposer, du fait de ses faiblesses constitutionnelles, la profession doit se réformer en profondeur pour pouvoir parler d'une seule voix à l'égard des pouvoirs publics et de ses marchés.


Il faut nous réformer ! C'est une double nécessité.

Economique, tout d'abord, La profession porte le poids de son histoire : 161 barreaux, tous indépendants juridiquement, presque autant de Carpas, trois institutions concurrentes, chacune estimant avoir la légitimité de représenter tous les avocats... et notamment un CNB créé en 1990, au moment de la fusion avec les conseils juridiques, et voulu par ses créateurs comme une institution faible, de compromis, sans pouvoir réel.

Sans renier leur histoire, les avocats doivent pouvoir réagir, sur tous les sujets  qui les concernent, notamment de marché, de concurrence avec les autres professionnels du conseil, avec rapidité et détermination. Or les décisions, aujourd'hui, prennent du temps, souvent deux ans (!) du fait de la lente "concertation" imposée par notre très imparfaite gouvernance.  On en voit fréquemment les dégâts, comme récemment lors du vote de la loi "Alur" au cours duquel les experts-comptables ont failli imposer subitement un "acte d'expert-comptable" sorti du chapeau in extremis et accepté sans broncher par les pouvoirs publics du fait de la puissance respective des lobbyings de nos deux professions.

Démocratique, ensuite : les avocats de Paris, le 7 décembre 2011, se sont prononcés massivement - 74 % de vote "pour" sur près de 7000 votes exprimés - pour la création d'un Ordre national. J'ai eu le privilège, alors que j'étais à cette époque Membre du Conseil de l'Ordre du Barreau de Paris, d'être l'organisateur de ce premier référendum de l'histoire de notre barreau.

Et que s'est il passé ensuite ? Rien, ou presque. L'Ordre de Paris n'a pas écouté le vote massif des avocats. Tout s'est passé comme si ce référendum n'avait pas eu lieu. Mais les confrères n'ont pas oublié qu'ils avaient voté. Ils ont exprimé un souhait fort et clair. Ils ne peuvent pas accepter de ne pas être entendus.

Il faudra donc également consulter les avocats de France : le barreau de Paris ne pouvait bien sur n'interroger que ses membres. Mais le sujet concerne tous les avocats sans distinction car nos intérêts sont liés, n'en déplaise à ceux qui tentent de diviser "parisiens" et "provinciaux".

Ce référendum national sera l'une des missions de l'Association "Pour un Ordre National des Avocats".

Créée par des avocats de France, sans distinction d'appartenance, tous convaincus de la nécessité de nous réunir, cette association aura vocation à présenter des candidats aux élections nationales de la fin 2014, pour que nous nous comptions.

Avocats de France, si vous êtes convaincus que l'intelligence ne réside pas dans la désunion, si vous pensez que la résignation n'est pas la solution, si vous avez envie de faire bouger les lignes :

REJOIGNEZ NOUS

http://www.village-justice.com/articles/Ordre-National-Avocats,16923.html


Rédigé par Philippe Touzet le Lundi 19 Mai 2014